Carte de voyage d’affaires APEC : guide pratique de l’ABTC

La carte de voyage d’affaires APEC, généralement abrégée ABTC, est destinée aux voyageurs d’affaires fréquents et éligibles dans la région Asie-Pacifique. Elle peut réduire les demandes répétées de visa ou d’autorisation d’entrée pour les économies participantes ayant accordé une préautorisation et donner accès à des files d’immigration accélérées. Elle ne constitue toutefois pas un visa universel, ne remplace pas le passeport et n’est pas destinée au tourisme ordinaire.

1. Ce que fait réellement la carte de voyage d’affaires APEC

L’ABTC est un programme de mobilité professionnelle mis en œuvre par les économies membres de l’APEC. Les candidats éligibles déposent normalement leur demande auprès de leur économie d’origine, qui l’examine puis, pour les économies participant pleinement au programme, la transmet aux autres économies participantes afin qu’elles prennent chacune leur propre décision de préautorisation.

Lorsqu’une économie pleinement participante accorde la préautorisation, la carte peut servir d’autorisation d’entrée pour de courts séjours professionnels dans cette économie sans demande de visa séparée, sous réserve de ses propres règles. La carte permet également d’utiliser des files d’immigration accélérées dans les principaux points d’entrée internationaux participants.

2. La carte n’équivaut pas partout à une exemption de visa

Présenter l’ABTC comme une « carte sans visa » peut être trompeur. L’avantage dépend du fait que la destination participe pleinement au programme et qu’elle ait effectivement accordé une préautorisation au titulaire.

Si une économie n’a pas accordé de préautorisation, le voyageur doit toujours respecter les conditions d’entrée habituelles de cette destination. La destination conserve aussi le droit de prendre la décision finale d’admission à la frontière.

3. Dix-neuf économies participent pleinement au programme

L’APEC indique actuellement dix-neuf économies participant pleinement au système ABTC : Australie, Brunéi Darussalam, Chili, Chine, Hong Kong, Chine, Indonésie, Japon, Corée, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, Philippines, Fédération de Russie, Singapour, Taipei chinois, Thaïlande et Viet Nam.

Le Canada et les États-Unis sont des membres transitoires. Ils proposent un traitement accéléré lié à l’ABTC dans certains aéroports participants, mais n’accordent pas de préautorisation réciproque dans le cadre du programme. Pour entrer au Canada ou aux États-Unis, les voyageurs doivent toujours disposer du visa, de l’autorisation de voyage ou des autres documents normalement exigés.

4. Qui peut faire une demande

Les critères précis d’éligibilité sont fixés par chaque économie d’origine ; il n’existe donc pas de norme unique applicable à tous. Les critères généraux de l’APEC visent les véritables professionnels titulaires d’un passeport valide d’une économie de l’APEC, qui voyagent régulièrement dans la région pour affaires et satisfont aux exigences de moralité.

Certains hauts fonctionnaires et responsables participant aux activités de l’APEC peuvent également être éligibles. Chaque économie peut imposer des conditions supplémentaires ; les candidats doivent donc consulter les informations officielles publiées par l’autorité compétente de leur propre économie plutôt qu’une liste générique provenant d’un tiers.

5. Comment fonctionne la préautorisation

Le candidat dépose normalement une seule demande d’ABTC auprès de son économie d’origine. Si celle-ci l’approuve, les autres économies participant pleinement au programme décident indépendamment si elles accordent ou non une préautorisation.

L’approbation par l’économie d’origine n’oblige pas toutes les autres économies à accepter la demande. Le délai de traitement dépend donc aussi de la rapidité avec laquelle les économies participantes effectuent leurs propres vérifications.

L’APEC met à disposition un outil de suivi de la préautorisation pour les candidats dont la demande a déjà été approuvée par leur économie d’origine.

6. Durée de validité et durée de séjour sont deux notions différentes

Les économies participantes peuvent délivrer une ABTC valable jusqu’à cinq ans, mais cela ne signifie pas qu’un voyageur puisse séjourner cinq ans dans une autre économie.

Le programme est destiné à des séjours professionnels courts et répétés. L’APEC indique que l’entrée préautorisée permet généralement des séjours allant jusqu’à 60 ou 90 jours selon l’économie de destination. Il faut vérifier avant le départ la durée exacte autorisée et les conditions applicables à chaque destination.

7. Le passeport reste indispensable

L’ABTC ne remplace pas un passeport. Les titulaires doivent conserver un passeport valide et présenter les documents de voyage requis lors de l’entrée ou de la sortie des économies participantes.

Si le passeport est renouvelé ou remplacé, le titulaire doit vérifier les règles de son économie d’origine afin de savoir si l’ABTC doit également être renouvelée ou mise à jour, notamment lorsque la carte est liée aux informations de l’ancien passeport.

8. L’ABTC concerne les voyages d’affaires, pas le tourisme général ni l’emploi local

Le programme vise à faciliter les déplacements professionnels de courte durée. Il ne s’agit pas d’un visa touristique, d’une autorisation vacances-travail ni d’un permis permettant d’occuper un emploi rémunéré localement.

L’APEC précise notamment que la carte n’est pas conçue pour les étudiants, les conjoints ou enfants accompagnants, les personnes cherchant un emploi rémunéré, les titulaires d’un visa vacances-travail et différentes catégories professionnelles dont l’activité ne relève pas du programme.

Certaines économies peuvent, séparément, autoriser le tourisme aux titulaires d’une ABTC selon leurs propres règles d’entrée, mais ce droit n’est pas créé de manière générale par la carte elle-même.

9. ABTC physique et ABTC virtuelle

L’APEC a introduit une ABTC virtuelle permettant aux économies d’origine participantes de mettre la carte à disposition sur l’appareil mobile du titulaire. Lorsque cette solution est prise en charge, la version virtuelle offre la même fonction de voyage que l’ABTC.

Toutes les économies n’adoptent pas le même calendrier de déploiement. Les titulaires doivent donc vérifier si leur économie d’origine émet la version virtuelle et ce qu’ils doivent présenter lors du voyage.

10. Les délais et les frais dépendent de l’économie d’origine

L’ancienne idée selon laquelle toutes les ABTC coûteraient à peu près le même prix et seraient traitées dans un délai fixe est inexacte. Chaque économie définit sa propre procédure de demande, ses frais et ses exigences administratives.

L’APEC indique qu’un traitement complet prend couramment au moins deux à trois mois et peut être plus long, car plusieurs économies examinent indépendamment les demandes de préautorisation. Les voyageurs d’affaires fréquents doivent donc déposer leur demande bien avant un déplacement important plutôt que de considérer l’ABTC comme un document de dernière minute.

Liste de contrôle avant d’utiliser une ABTC

Avant de compter sur une carte de voyage d’affaires APEC pour un déplacement, vérifiez les informations qui s’appliquent à votre carte et à votre destination.

  • Confirmez que vous remplissez les critères d’éligibilité de votre économie d’origine.
  • Vérifiez quelles économies vous ont accordé une préautorisation.
  • Emportez le passeport valide lié à vos documents de voyage.
  • Vérifiez la durée et le motif de séjour autorisés dans la destination.
  • Ne supposez pas que la carte remplace les formalités d’entrée normales pour le Canada ou les États-Unis.
  • Vérifiez si votre économie d’origine prend en charge l’ABTC virtuelle.
  • Prévoyez un délai de traitement important avant tout voyage d’affaires essentiel.
  • Utilisez la carte pour les motifs professionnels prévus par le programme.

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